Je suis partie un peu plus tard que prévu de Conques ce matin, après un dîner très chaleureux à l’hôtellerie de l’abbaye (les hospitaliers faisant preuve d’une bonté toute christique) et une assez mauvaise nuit en dortoir, agrémentée des ronflements des uns et des autres.
Les nuages étaient bas ce matin, donnant un aspect fantomatique au village et aux collines environnantes. C’était très beau. Après la montée d’un raidillon d’environ 200 m de de dénivelé, on arrive sur un plateau magnifique, en quelque sorte l’extrémité et l’effondrement occidental du plateau de l’Aubrac, découpé de parcelles d’élevage de belles vaches rousses. On marche ensuite de façon ininterrompue pendant une quinzaine de kilomètres, jusqu’à la descente vers Decazeville avant de remonter à Livinhac (les dix kilomètres restants).
J’ai marché essentiellement ce matin, en faisant une pause pour pique-niquer au milieu du triste centre de Decazeville, ancienne ville minière, aujourd’hui marquée par une lente dépopulation et paupérisation.
Ce fut enfin l’arrivée à Livinhac, je n’étais pas fâchée de poser mon sac à l’entrée du gîte de Claire, sur le GR, entre les rives du Lot et le centre-bourg.
Bon, et qu’est-ce que je fais là, en fait ?
Je ne suis pas en quête de sens, je ne poursuis pas d’objectif sportif, je n’avais pas particulièrement besoin de me dépayser ces temps-ci… alors pourquoi me casser la tête avec tout ça ? Pourquoi, qui plus est, partir seule ?
Si je vais à Rocamadour, c’est initialement sur le conseil d’une vieille amie de la Communauté, pour confier mon célibat à la sainte Vierge et espérer qu’elle me fasse rencontrer un homme bien.
Si j’en profite pour marcher sur les chemins de Compostelle, c’est aussi et tout simplement parce qu’on me l’a conseillé : c’est beau, le GR est facile à suivre, on fait des étapes dans de hauts lieux spirituels.
Si je suis partie seule, enfin, c’est autant parce que j’ai appris à aimer ma solitude que parce que j’ai constaté qu’être seule me rend plus disponible pour rencontrer les gens.
Toutes ces bonnes raisons ne suffisent pas à justifier mes pérégrinations. Ce qui compte par-dessus tout ? Mon salut et le salut du monde…
Quelques jours avant le départ, j’ai été prise d’un feu intérieur. Je me suis rendu compte (je crois pour la première fois de ma vie) que mon désir de rencontrer quelqu’un et de me marier était en deçà de mon désir encore plus grand de devenir sainte.
Si je vais à Rocamadour, c’est donc avant tout pour demander cela à Marie et au Christ. Que le Seigneur me donne, par l’intercession de Sa maman couronnée de gloire, l’honneur de rejoindre l’assemblée de Ses saints, en vivant chaque jour plus proche de Lui et de Sa volonté. C’est ça, la seule priorité.
Je vais aussi à Rocamadour en portant toutes vos intentions. M’ennuyant un peu sur les sentiers tout à l’heure (quel pèlerin ne s’est jamais ennuyé ?), j’ai eu le temps de réciter deux rosaires en pensant à toutes les personnes que j’aime et qui m’ont demandé de prier à leur intention, n’hésitez donc pas à continuer de me contacter pour cela… 😉
Que Dieu soit mon seul guide et ma seule volonté !



