Je commence l’écriture de cet article depuis le quai de métro de la ligne 10 en direction de Gare d’Austerlitz. Le train est à 6h28 pour Rodez (il est 6h04 et le métro tarde à arriver, j’espère ne pas être en retard…), pour une arrivée prévue à 13h45, puis ce sera le bus pour Conques-en-Rouergue à 13h50 (j’espère ne pas le louper non plus celui-là, c’est le seul de la journée qui desserve Conques…).
J’ai mon petit sac Quechua, une gourde, quelques affaires de toilette et de soin au cas où, ma carte bleue, un peu de monnaie, le smartphone via lequel je tâcherai de vous donner des nouvelles chaque jour, un sac à viande, et c’est à peu près tout. J’ai planifié seulement l’hébergement de ce soir à Conques, le reste se fera au fil de l’eau jusqu’à samedi prochain. Je me sens légère d’avoir si peu planifié (et bien sûr d’être si peu chargée), c’est l’un des luxes de voyager seule que de ne pas avoir besoin de tout organiser des semaines à l’avance.
Dix minutes plus tard…
J’arrive à la gare, je trouve le quai de l’Intercités pour Toulouse Matabiau. Le train doit bien avoir une vingtaine voire une trentaine d’années. À l’entrée du quai, un important groupe scout. Tout en me réjouissant de les voir si nombreux, et pensant à mes élèves à qui j’ai recommandé récemment de s’inscrire au scoutisme, tout en aidant quelques gamines à charger leurs affaires dans notre voiture, je suis abasourdie par la taille de leurs valises parfois plus grosses qu’elles. Quel besoin de tant se charger ?
Merci Seigneur pour l’éducation que j’ai reçue qui m’a appris à rester sobre. Merci pour la liberté procurée par la simplicité matérielle.
Vingt-cinq minutes plus tard…
Notre train vient de partir avec quinze minutes de retard alors que ma correspondance à Brive pour Rodez tout à l’heure est de seize minutes. C’est déjà le bazar donc, je risque de louper le second train et mon bus ensuite. Je suis tentée d’être mécontente.
Quand vais-je enfin comprendre qu’il ne faut pas s’inquiéter et qu’il faut s’abandonner à la grâce, plus particulièrement dans les moments comme celui-ci ? Dès maintenant, le Seigneur m’enseigne…
En route !
