On a établi que la sainteté consistait en une fréquentation de Dieu quotidienne qui avait pour conséquence des changements concrets dans notre vie (notons que ces changements sont progressifs et lents, en général ; on constate parfois des changements radicaux et rapides, lors d’une libération conduite par l’Esprit saint par exemple. Néanmoins, la plupart du temps, ces changements se font par petites étapes). On étudie quatre changements : les deux premiers changement ayant été étudiés jusqu’ici sont celui de mieux aimer les autres (et donc d’en être plus aimé aussi la plupart du temps) et celui d’être chaque jour plus en adéquation avec soi-même.
Le troisième changement qui m’apparaît ces derniers mois est celui de bien faire les choses, en tout cas, de les faire un peu mieux chaque jour. Lorsque je fréquente Dieu chaque jour, chaque jour je fréquente la source de l’Amour. De ce fait, progressivement et par petites étapes je le rappelle, cet Amour va se mettre à transparaître dans toutes mes actions, qu’il s’agisse des actions les plus insignifiantes (exemples : sourire à quelqu’un dans le RER, ouvrir et refermer une porte, dire bonjour à un collègue ou à un élève rencontré dans le couloir) ou des actions plus importantes et structurantes (exemples : décider de se marier, changer de métier). C’est ce que des saintes comme Thérèse d’Avila ou Thérèse de l’Enfant Jésus ont beaucoup décrit. Thérèse de Lisieux explique très bien, dans son journal Histoire d’une âme, comment elle choisit d’offrir à Dieu des actes minuscules du quotidien, en se tenant plus droite sur sa chaise par exemple.
Dans la vie de tous les jours, et lorsque j’ai la chance d’être fidèle à ma fréquentation de Dieu, lorsqu’Il me fait la grâce d’être présent à mes côtés, je suis orientée pour tout faire avec patience, douceur, avec le sourire et même avec humour (oui car, j’en suis convaincue, Dieu a beaucoup d’humour). Moi qui suis d’une nature impatiente et anxieuse, je me trouve parfois capable d’accomplir des choses pénibles avec le sourire et sans broncher, comme par exemple supporter une incivilité dans le RER, l’agitation d’une classe ou les provocations d’un élève mal dans sa peau. Moi qui suis d’une nature très dispersée, ayant régulièrement des idées et des envies nouvelles, démarrant des projets mais les terminant rarement, je me trouve parfois mue par l’envie de mener chaque chose à sa fin (quitte à démarrer moins de choses en même temps, et à avoir parfois le sentiment de ne rien accomplir). Je me remets par exemple à travailler ma pratique du piano avec plus de rigueur, en allant au bout des morceaux dont je commence l’étude. On pourrait citer des dizaines d’autres exemples : on se met à mieux faire le ménage, à mieux cuisiner, à mieux rendre service aux autres… Lorsque je suis guidée par Dieu, et donc par l’Amour même, je veux faire les choses avec amour.
Attention : bien faire les choses est le contraire du perfectionnisme (un trait de personnalité que je constate souvent chez les jeunes filles et chez les femmes – moi la première). Bien faire les choses consiste aussi à les faire avec humilité, en acceptant notre condition terrestre et donc nécessairement imparfaite. Dieu est Seul capable de faire les choses parfaitement. C’est avec joie et sans présenter d’excuse inutile (les excuses présentées à tort et à travers sont souvent un signe d’orgueil et non d’humilité – j’en sais quelque chose) qu’il faut accepter par exemple de ne pas avoir réussi à parfaitement préparer un cours car on avait besoin de se reposer ou à préparer un plat comme l’aurait fait un chef étoilé.












