Très belle soirée et bon début de journée ce matin à Rocamadour. J’ai pu beaucoup prier, me confesser, assister à la messe mais aussi acheter quelques souvenirs et cadeaux. On a terminé par un tour à la crêperie avec Thomas et Florence avant de prendre une glace (si vous avez un peu d’audace, goûtez celle au chèvre Cabecou chez le glacier juste avant l’entrée du sanctuaire : vous m’en direz des nouvelles…). Bref, tout cela fut un parfait équilibre de réjouissances célestes et terrestres, pour terminer en beauté une semaine dont je me souviendrai longtemps.
En montant dans le bus pour la gare, je fus prise d’un serrement au cœur en contemplant la campagne alentour. Les sentiers me manquent déjà, tout comme les personnes avec qui j’ai eu la joie de passer du temps cette semaine. C’est fou comme la vie est plus forte dans des moments de pèlerinage comme celui-là.
Être saint, c’est être en adéquation avec soi-même.
Si ce jour est le dernier de mes pérégrinations pédestres (en tout cas, pour cette année, car, sauf changement de vie majeur, je souhaiterai repartir sur les chemins de Compostelle l’an prochain), il n’est pas le dernier de mes pérégrinations spirituelles. J’essaie ici de poursuivre ma réflexion sur la sainteté initiée dans un précédent article.
Être saint correspond, on le disait, à un désir et à une fréquentation régulière de Dieu. Le fréquenter amène non seulement à plus et mieux aimer les autres mais aussi à être chaque jour un peu plus en adéquation avec soi-même (cette « adéquation » est à rapprocher de la Vérité qu’est Dieu et dont nous sommes les participants).
Dieu, en effet, nous connaît parfaitement, mieux que nous-mêmes, puisqu’Il nous a créés. Si nous passons du temps avec Lui et Lui permettons d’orienter notre vie un peu plus chaque jour, Il peut de ce fait nous révéler petit à petit à nous-mêmes. Cela signifie notamment dévoiler nos qualités dans notre vie de tous les jours – parfois des qualités dont nous n’imaginions pas l’existence. Je prendrai l’exemple de ma vie professionnelle que Dieu a visitée et reconstruite intégralement ces dernières années, me permettant de découvrir un métier où je me sens bien et qui me rend heureuse (le métier d’enseignante). Il y encore quelques années, je ne soupçonnais pas à quel point ce métier pouvait me convenir. Je n’y pensais même pas. Mais depuis que je place ma vie chaque jour sous le regard de Dieu, j’ai eu progressivement et de plus en plus nettement le désir de cette reconversion professionnelle. Dans tous les aspects de ma vie, celle-ci se réorganise doucement pour un plus grand bien (c’est-à-dire pour mon propre bonheur et pour le bien de ceux qui m’entourent).
Dieu ne connaît pas seulement nos qualités, Il connaît aussi nos besoins et nos aspirations. Il sait par exemple lorsque nous sommes fatigués, éprouvés ou au contraire lorsque nous sommes disponibles pour nous donner aux autres. Fréquenter Dieu chaque jour revient à écouter nos besoins de façon plus fine et plus respectueuse. Je pense que certains saints savaient notamment se reposer car ils aimaient écouter leurs besoins profonds, ils respectaient Dieu, qui respectait Lui-même leurs besoins. S’agiter dans tous les sens, multiplier les projets et les occupations jusqu’à s’épuiser (tendance très fréquente chez les catholiques notamment), me paraît à cet égard une attitude peu sage. En plus, lorsque l’on sait écouter ses propres besoins et limites, on sait aussi mieux écouter et respecter ceux des autres. On devient plus doux, plus patient et donc plus heureux – et de ce fait plus à-même de donner du bonheur autour de soi.
Être en vérité et en adéquation avec soi-même signifie aussi, et en dernier lieu, être plus attentif à notre santé physique, morale affective et spirituelle. Concrètement (et cela va avec le fait de s’aimer soi-même grâce au regard de Dieu posé sur nous), cela peut vouloir dire par exemple se mettre à mieux manger, à mieux dormir, à mettre un terme aux relations humaines qui nous rabaissent. Cela peut consister aussi dans le fait d’être plus à l’aise pour dire ce que l’on pense, sans faux-semblant, de façon ajustée et bénéfique pour tout le monde.
Sur ce point de l’adéquation et de la vérité avec soi-même, attention à ne pas tomber dans l’erreur qui consisterait à être obsédé par soi et par son propre bien-être, au risque de ne plus passer du temps à servir les autres. C’est le travers dans lequel beaucoup d’entre nous tombons à l’heure de l’individualisme et du consumérisme qui encouragent la paresse et la satisfaction des désirs immédiats.

[…] consiste à aimer les autres (et à en être aimé en retour, en tout cas la plupart du temps), à être en adéquation avec soi-même (dans l’exercice de ses talents, dans sa capacité à être vrai dans ses relations à autrui, […]
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[…] On a établi que la sainteté consistait en une fréquentation de Dieu quotidienne qui avait pour conséquence des changements concrets dans notre vie (notons que ces changements sont progressifs et lents, en général ; on constate parfois des changements radicaux et rapides, lors d’une libération conduite par l’Esprit saint par exemple. Néanmoins, la plupart du temps, ces changements se font par petites étapes). On étudie quatre changements : les deux premiers changement ayant été étudiés jusqu’ici sont celui de mieux aimer les autres (et donc d’en être plus aimé aussi la plupart du temps) et celui d’être chaque jour plus en adéquation avec soi-même. […]
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