De Figeac à La Capelle Marival : jour 4. Être saint, c’est aimer les autres et être aimé en retour (la plupart du temps).

J’écris cet article le lendemain de cette étape, qui fut peut-être ma favorite du parcours jusqu’à maintenant (quoique toutes les étapes me plaisent et me donnent des raisons de me réjouir). Ce ne fut pas la plus facile, ce fut l’une des plus difficiles en fait : on franchit au total 720 m de dénivelé, dans des reliefs vallonnés, en passant par certaines portions de route pentues écrasées de soleil. On passe aussi par des sentiers forestiers somptueux et l’on traverse l’étonnant village médiéval de Cardaillac, à quelques kilomètres au nord de Figeac. Selon les étapes du parcours, on est entouré soit de hauts arbres, soit de rayonnantes prairies d’élevage et de fourrage, en traversant des villages pimpants, aux clochers pointus et aux toits de tuiles rouges. La terre elle-même devient ocre au fur et à mesure que le temps passe et cela rend la route encore plus belle.

La chaleur étant montée peu à peu pendant tout le jour, j’ai exceptionnellement fait une longue pause pour déjeuner dans un endroit étonnant aménagé par Bernard, un gars du coin qui, avec son épouse, a installé une table en bois sous les arbres près de son poulailler, disposant là de l’eau, des sirops, du thé, du café… tout cela à disposition des promeneurs. Alors que je me sentais un peu seule, je fus rejointe par trois autres marcheurs : Renaud et Didier, sexagénaires flamboyants anciens copains de lycée, accompagnés de l’un des fils de Didier, Simon. Nous passâmes une excellente pause déjeuner à rire et à bavarder – je les retrouverais d’ailleurs quelques heures plus tard avec plaisir au bistrot de la Capelle Marival (en sortant de la messe…) pour partager une bière avant de rentrer dîner et nous coucher dans nos gîtes respectifs.

L’après-midi, après deux longues heures de marche, je finis par arriver avec bonheur à La Capelle, tout petit village médiéval. Je logeai au gîte de Serge et Stéphanie, un endroit formidable que je recommande pour ceux d’entre vous qui entreprendraient le voyage, tout simple mais très fonctionnel et très propre. Je pus échanger quelques blagues avec Serge sur les Parisiens en vacances avant d’assister avec joie à la messe du jour et contempler les superbes vitraux de la chapelle.

Le soir, je dînai en compagnie de Manoël, Marcel, Murielle, Séverine, Pascale et Peggy, un groupe d’amis formé deux ans plus tôt sur les chemins de Compostelle, lors d’une sorte de séminaire initiatique de développement personnel comme il en fleurit malheureusement de nos jours sur les ruines du catholicisme en France. Lorsque Séverine chercha à prédire mon avenir grâce à ma numérologie, avec tristesse et sans rien dire, je pris un peu plus conscience de l’état de déchristianisation de notre pays.

Être saint, c’est aimer les autres et être aimé en retour (la plupart du temps)

À mon sens et avant d’aller plus loin, il me paraît important de rappeler que la sainteté s’installe et se pratique lorsque l’on passe du temps avec Dieu (en priant beaucoup ; en recevant régulièrement les sacrements ; pensant à Lui dans chacun de nos actes aussi). Or, Dieu est amour (amour que l’on appelle aussi Charité). La sainteté est donc inséparable de l’amour.

Quand je fréquente Dieu régulièrement, je prends conscience de l’amour qu’Il a pour moi. Si je Le laisse faire, je peux ainsi apprendre à m’aimer moi-même, à me regarder comme Lui me regarde. Une fois que je m’aime de façon ajustée, je me mets à regarder les autres de la même manière : avec un regard aimant, celui de Jésus. Cette transformation du regard se traduit par des actes : je vais faire preuve de plus de bonté, de plus de patience, de plus d’intérêt réel pour les autres. Je vais être plus capable de rire avec les autres. Je vais me mettre à « les prendre comme ils sont », sans les juger (puisque j’aurai appris à ne pas me juger moi-même, grâce au regard que je sens que Dieu pose sur moi lorsque je Le prie). Je peux vous le témoigner pour le vivre depuis quelques années : je suis bien plus heureuse et épanouie depuis que je regarde les autres ainsi.

Et vous savez quoi ? Incroyable mais vrai : lorsque vous les prenez comme ils sont, même blessés, même odieux, même égoïstes, même méchants… les gens finissent en général par vous aimer en retour. Ils peuvent même parfois être guéris de leurs blessures par votre simple regard. Et ça, évidemment, cela rend aussi très heureux.

(Je précise tout de même qu’il peut arriver que l’on soit haï même lorsqu’on essaie d’avoir une attitude sainte envers les autres. Certaines personnes sont tellement blessées dans leur amour propre, parfois tellement jalouses, qu’elles peuvent se mettre à vous détester – mais c’est rare.)

Sois béni Seigneur pour toutes les personnes rencontrées sur cette étape ! Donne-moi de les prendre comme elles sont et protège-les des mensonges et des mauvaises influences !

La forêt grandiose du nord de Figeac
Le « coin de Bernard », où nous avons bien ri au moment du déjeuner avec Renaud, Didier et Simon

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